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Un nouveau règlement de la banque d'Algérie pour encadrer les opérations de finance alternative

Un nouveau règlement de la Banque d'Algérie (BA) encadrant la gestion des produits financiers dits alternatifs au niveau des banques et établissements financiers sera promulgué incessamment une fois validé par le Conseil de la Monnaie et du Crédit, a indiqué mardi dernier à Alger le Gouverneur de la BA, Mohamed Loukal. "Nous allons promulguer incessamment un règlement pour faire en sorte que les produits financiers classiques et ceux dits alternatifs soient d'une imperméabilité totale", a-t-il avancé lors d'un symposium sur la place financière algérienne.

On ne peut que se féliciter de la déclaration du gouverneur de la Banque d’Algérie. Une déclaration qui confirme l’intérêt du pays pour le développement de la finance islamique algérienne lorsqu’il estime nécessaire de se doter d’une règlementation qui tienne compte des spécificités des opérations financières islamiques et qui permette d’en assurer la conformité quant aux différents standards actuellement en vigueur dans l’industrie mondiale (normes de l’AAOIFI en matière de conformité à la Chari’a et standards de l’IFSB en ce qui concerne le volet prudentiel).

Tester les potentialités du marché

C’est sans doute une excellente stratégie pour tester la matérialisation des potentialités du marché avant de passer à la vitesse supérieure par la création de lois spécifiques une fois que ce dernier aura prouvé son attractivité auprès des ménages et des entreprises.

Cette attractivité sera bien évidemment alimentée puis entretenue par les plans marketing stratégiques et opérationnels mis en œuvre par les opérateurs. Sans pédagogie de leur part vis-à-vis de leurs clients, ces derniers ne seront pas capables de distinguer entre produits conventionnels et alternatifs. Il leur faudra donc déployer des efforts importants pour apporter aux clients la preuve de la conformité des solutions offertes.

Développer une offre innovante et compétitive

Il faudra bien évidemment que ces produits pour être attractifs soient compétitifs, que ce soit en termes de coût ou d’innovation technologique, car la seule communication ne sera pas suffisante pour convaincre. Pour encourager le secteur à atteindre cet objectif, un incitatif fiscal visant à favoriser les opérations financières islamiques pourrait être pertinent.

Au sujet des fenêtres des banques conventionnelles souhaitant offrir à leur clientèle les produits de la finance alternative, on peut s’interroger si le futur règlement exigera une filialisation des activités, permettant d’assurer cette «imperméabilité totale» entre les produits conventionnels et islamiques, ou si cette «organisation spécifique et particulière» sera uniquement interne aux différentes institutions financières de la place.

Instaurer la confiance

Il est indispensable de garder à l’esprit que si l’on souhaite atteindre les objectifs d’accroissement de l’inclusion financière et de mobilisation des liquidités situées hors circuit bancaire, il faut réinstaurer la confiance vis-à-vis des institutions financières. Ce défi à relever par l’ensemble du secteur jouera un rôle primordial dans la réussite ou l’échec de l’implémentation de la finance islamique.

La question à laquelle nous devons répondre aujourd’hui est de savoir comment réinstaurer cette confiance dans le but d’optimiser la circulation des liquidités dans le système tout en luttant contre les poussées inflationnistes.

Cet article a été publié pour la première fois le 16 avril 2018 dans l'hebdomadaire Crésus n°132.

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